French Touch Tour

Trio Wanderer
   8 juillet 2021   

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A propos de l'artiste

BIO TRIO WANDERER 
Célébré par la presse pour un jeu d’une extraordinaire sensibilité et d’une virtuosité éblouissante ainsi qu’ une complicité presque télépathique, le Trio Wanderer est devenu au fil des ans une formation incontournable de la scène musicale internationale. Ils ont choisi le voyage comme emblème, celui, intérieur, qui les lie étroitement à Schubert et au romantisme allemand et celui, ouvert et curieux, qui explore le répertoire de Haydn à la musique d’aujourd’hui.

Lauréat du Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris et formé auprès de grands maîtres comme Jean-Claude Pennetier, Jean Hubeau, Menahem Pressler du Beaux-Arts Trio et les membres du Quatuor Amadeus, il remporte le concours ARD de Münich en 1988. A leurs débuts, les membres du Trio Wanderer suivent les master-classes de musique de chambre du Festival de la Roque d’Anthéron, master-classes qu’ils animent aujourd’hui depuis plus de dix ans comme professeurs. 

« Wandering Star » (The Strad Magazine), le Trio Wanderer est régulièrement invité par les institutions les plus prestigieuses – Musikverein de Vienne, Philharmonie de Berlin, Théâtre des Champs-Élysées, Wigmore Hall, Opéra de Pékin, Teatro Municipal de Rio de Janeiro, Palau de la Musica de Barcelone, Scala de Milan, Grande Salle Tchaïkovski de Moscou, Place des Arts de Montreal, Herkulessaal de Munich, Library of Congress de Washington, Concertgebouw d’Amsterdam, Kioi Hall de Tokyo, Tonhalle de Zürich – et par les grands festivals internationaux – Edimbourg, Montreux, Feldkirch, Schleswig Holstein, la Roque d’Anthéron, Stresa, Granada, Osaka, Folles Journées de Nantes, Rheingau Musiksommer, Schwetzinger Festspiele, Salzbourg …. 

Dans le répertoire des triples concertos, le Trio Wanderer a collaboré à plus de cent reprises avec des orchestres internationaux, l’Orchestre National de France, l’Orchestre Philharmonique de Radio-France, les orchestres de Toulouse, Nice, Pays de Loire, de Picardie, Pau-Pays de Bearn, Montpellier, Liège, Teneriffe, Santiago de Chile, La Coruna, le Radio Symphonie Orchester de Berlin, le Malaysian Philharmonia Orchestra, la Württembergische Philharmonie, l’ Orquesta Sinfónica de Minería, le Sinfonia Varsovia, le Grazer Philharmoniker Orchester, le Nürnberger Philharmoniker, le Stockholm Chamber Orchestra, l’Orchestre de Chambre de Genève, l’Orchestre Philharmonique National de Moscou, l’Orchestre Philharmonique de l’Oural, l’Orchestre de Chambre de Paris et sous la direction de Yehudi Menuhin, Christopher Hogwood, James Loughran, François-Xavier Roth, Luis Langrée, Arie van Beek, Marco Guidarini, Ken-David Masur, José Areán, Charles Dutoit, James Conlon… 

Outre des disques pour Sony Classical, Universal, Cyprès, Mirare et Capriccio, le Trio Wanderer entame en 1999 sa collaboration avec Harmonia Mundi. Vingt enregistrements ont été publiés depuis : les Trios de Chausson, Ravel, Haydn, Chostakovitch, Fauré, Pierné, Arensky, Tchaïkovski, Copland, Saint-Saëns, Mendelssohn, Smetana, les intégrales des Trios de Schubert, Brahms et Beethoven, les Quintettes avec piano de Schubert et de Hummel, les Triples Concertos de Beethoven et de Martinù avec le Gürzenich-Kölner Philharmoniker, des œuvres de Liszt et Messiaen, les Trios de Dvorak, le Quintette avec piano et les Romances op.127 de Chostakovitch avec Ekaterina Semenchuk. Leur dernier enregistrement paru en mai 2021, est consacré aux Trios, Quatuor et Quintette avec piano de Schumann. Ces enregistrements ont été maintes fois distingués par la critique (Choc de l’Année du Monde de la Musique, Critic’s Choice de Gramophone, CD des Monat de Fono Forum, CD of the Month de BBC Music Magazine, Diapason d’Or de l’Année, Midem Classical Award). 

Leur interprétation des trios de Mendelssohn a été choisie comme référence par le New-York Times à l’occasion du bi-centenaire de la naissance du compositeur. Plus récemment en 2016, lors de l’émission de la BBC ‘Building a Library – CD Review’ consacrée au célèbre Trio op. 100 de Schubert, c’est la version du Trio Wanderer qui a été retenue parmi les 14 enregistrements proposés. Passionné de musique contemporaine, le Trio Wanderer a créé plusieurs œuvres de Thierry Escaich (Lettres Mêlées, 2004), Bruno Mantovani (Huits Moments Musicaux, 2008, Cinq Berceuses pour Giulia 2019) , Frank Michael Beyer (Lichtspüren, 2008) , Matteo Francescini (Triple Concerto ‘Ego’, 2011), de Christian Rivet (Courant d’Etoiles 2019) et de Philippe Hersant (Chant de l’Isolé pour trio percussions et orchestre à cordes). Cette passion a laissé des traces discographiques chez Universal-Accord (œuvres de Thierry Escaich) et Mirare (Mantovani, en 2012). Un film documentaire pour la chaîne franco-allemande ARTE a été consacré au Trio Wanderer en 2003 . En 2017, un livre d’Olivier Bellamy, ‘Trio Wanderer, 30 ans, le bel Age’, retraçant la carrière du trio parait aux éditions Art3. 

Le Trio Wanderer a été distingué par les Victoires de la musique à trois reprises comme meilleur ensemble instrumental de l’année. 

En 2014 Jean-Marc Phillips-Varjabédian et Raphaël Pidoux sont nommés professeurs de violon et de violoncelle au Conservatoire national supérieur de Musique et de Danse de Paris, et Vincent Coq enseigne la musique de chambre à la Haute École de musique de Lausanne depuis 2010. 

En 2015, les membres du Trio Wanderer ont été promus au grade de Chevalier de l’ordre des arts et lettres. 

Jean-Marc Phillips-Varjabédian joue sur un violon de Charles Coquet (Paris – 2014) et sur un Gand Père (Paris – 1840, prêté par Mr Nicolas Dufourcq) Raphaël Pidoux joue sur un violoncelle de Gioffredo CAPPA (Saluzzo 1680).  


  Bach Mirror Vassilena Serafimova - Thomas Enhco Comme la musique voyage, et dans ses traversées, se change, reconnaissable pourtant par la mélodie, l’harmonie ou même seulement l’esprit. La musique de Jean-Sébastien Bach a ce genre de pouvoir : dans l’espace, et dans le temps. Bien au-delà de l’âge baroque, religieux, qui l’a vue naître, loin du clavecin, des chorales ou de l’orgue pour lesquels elle fut composée, elle se laisse réinventer. Des Variations Goldberg interprétées au piano par Glenn Gould (1955) au Switched On Bach de Wendy Carlos (1968) enchaînant préludes, fugues et cantates au synthétiseur Moog, d’innombrables musiciens et musiciennes ont fait de Bach un compagnon de leur pratique mais aussi de leur écriture. Joué par des sensibilités différentes, dans des mondes sonores nouveaux, transposé à d’autres instruments, son répertoire monumental s’est frayé depuis longtemps une voie dans la musique du XXème siècle, savante mais aussi populaire. 

 Dans notre XXIè siècle bien entamé, elle inspire encore les créations les plus actuelles : Bach Mirror, le second album de Vassilena Serafimova et de Thomas Enhco, suite de treize éclats tous inspirés de la musique du compositeur d’Allemagne Centrale, en donne une nouvelle preuve miroitante. Elle est née en Bulgarie en 1985, remarquable percussionniste et joueuse de marimba, il est né en France trois ans plus tard, pianiste de jazz en quête de liberté. Chacun est plongé dans la musique dès l’enfance, nés de parents musiciens (percussionnistes et arrangeurs pour elle, musiciens classiques pour lui, avant que sa mère n’épouse le violoniste de jazz Didier Lockwood). Chacun expérimente la musique dans ses grandes largeurs : savante et populaire, harmonieuse et rythmique. 

Chacun commence par le violon et puis trouve sa voie instrumentale : pour lui, le piano, pour elle le marimba. Elle voyage, perfectionne sa technique de plus en plus remarquée — elle remporte, entre autres nombreux prix de festivals parmi les plus prestigieux d’Europe, le Grand prix du concours La musique et la terre en solo à Sofia —, et repérée, s’installe en France. Lui grandit à l’écoute de grands musiciens de jazz, plongé tout petit dans la fumée et l’intensité des clubs, et entame rapidement une carrière internationale. Deux enfants de la musique donc, deux prodiges voyageurs, à la fois interprètes et compositeurs, qui devaient se rencontrer un jour de 2009, réunis sur un programme pour un Concert de Poche, et ne plus se quitter. Le duo s’éprouve d’abord à la scène et dans l’énergie des créations live, où virtuosité rime avec générosité, ravissant le public à travers le monde. En 2016, paraît un premier album, Funambules (chez Deutsche Grammophon). Mozart et Saint-Saëns revisités y côtoient leurs compositions originales. Sur un fil, ils réconcilient les siècles musicaux, le savant et le populaire, la fidélité et l’invention. Leur duo fait le tour du monde et remporte en 2017 le Deuxième Grand Prix au Osaka International Chamber Music Competition au Japon. 

 Trois ans plus tard, Bach Mirror renforce encore l’alchimie du pianiste et de la marimbiste. C’est la musique de Jean-Sébastien Bach cette fois, qui est au cœur de l’inspiration. Omniprésente, obsessionnelle, elle est pourtant abordée avec une liberté totale, dans chacun de ces treize morceaux, qui sont autant de jeux de miroir avec les compositions originales : reflets éclatés, inversés, troubles ou démultipliés. Dans « Avalanche », sur laquelle s’ouvre le disque, on reconnaît l’inspiration du prélude n°2 du livre 1 du Clavier bien tempéré mais comme démultipliée, l’art de la fugue rencontrant la musique répétitive, le contrepoint rencontrant les jeux d’écho. « Cantata » naît de la la douce aria « Sheep may safely gaze », mais elle s’éloigne et se rapproche, moins enfantine, moins familière, dans un miroitement nouveau. La Suite pour violoncelle seul n°4 en mi bémol majeur, qui a inspiré « Silence », n’est pas seulement transposée au piano : elle est passée dans un tout autre monde, qui connaît Satie et Debussy, l’art des soupirs et les jeux d’eaux. D’un motif, d’une harmonie, d’une humeur, Enhco et Serafimova tirent des créations nouvelles. Fire Dance emprunte quelques citations à la cantate « Jesu, Joy of Man’s desiring » mais pour inventer une danse où ritournelle fuguée et variations jazz se côtoient avec le plus grand naturel. Car pour ces musiciens polyvalents férus de percussions et de syncopes, la musique de Jean-Sébastien Bach n’est pas que contrepoints et tempérament, c’est un souffle rythmique : Bach Mirror, de bout en bout, est porté par des tempi allègres, virtuoses et vivifiants. « Avalanche » est un véritable galop d’ouverture pour marimba et piano ; « Sur la route » va andante, « Chaconne », tourbillonne : à la moindre occasion, le son à la fois rond, chaud et pourtant si clair des baguettes de Vassilena Serafimova, danse littéralement avec le piano cristallin et volubile de Thomas Enhco. 

Comme on peint des miniatures — chaque titre est assez bref, seuls deux d’entre eux excèdent les 5 minutes —, les musiciens donnent vie, légers et précis, à des motifs clairs qui se complexifient sans jamais devenir abscons, dans une pulsation quasi fractale. « Vortex », probablement un des morceaux les plus spectaculaires du disque, titre dont la composition est signée par les deux artistes, pousse cette logique jusqu’à son climax : les notes de piano devenu percussion ponctuent l’ascension virevoltante du marimba qui joue de ses timbres les plus sourds jusqu’aux plus métalliques. Surgissent des escaliers de notes formant spirales et colimaçons de plus en plus psychédéliques, sans qu’aucun effet d’écho pourtant, de réverbération, où autre démultiplicateur, n’ait été ajouté au son des instruments captés. Même si la captation sensible aux basses souvent « oubliées » des enregistrements classiques, étend ici le registre, et donne à ce « Vortex » toute sa profondeur. Nous voilà dans une autre dimension, celle où elles se rencontrent toutes : les claps discrets évoquent le folklore, le piano de Thomas Enhco la suite d’accords d’A Love Supreme. Quand tout s’arrête, presque par surprise, on reste suspendu, un peu étourdi au bord d’un abîme, loin, très loin du simple hommage : le jeu et le plaisir ont gagné. C’est que Thomas Enhco et Vassilena Serafimova jouent comme des enfants. Leur Bach Mirror fait miroiter la musique de Bach comme on joue à sauter dans les flaques : pour le plaisir de regarder, dans les reflets, les nuages et le ciel qui changent. Ils jouent comme des enfants virtuoses bien sûr, savants donnant presque l'illusion de l'insouciance, mais quoique rigoureux, libres, quoique mettant parfois les larmes aux yeux, joyeux. Au beau milieu de ces réflections ludiques, « Jesu, Joy of Man’s desiring » est interprété tel qu’en lui-même : dans ces éclats contemporains d’une musique ancienne, la joie, pour sûr, demeure. 

 FIRE DANCE : PREMIER SINGLE 
« Fire Dance » est le premier single de Bach Mirror : en quelques minutes aussi naturelles qu’inventives, on y découvre la grâce du duo que forment le marimba de Vassilena Serafimova et le piano Thomas Enhco. De sa sonorité la plus douce, la plus boisée, le marimba ouvre la danse, formant un tapis sonore ondulant que le piano plein de brillance vient piqueter d’un motif plein de vivacité, avec sa cadence affirmée. Mais ce n’est bien sûr que le début, avant qu’à vive allure, la ritournelle ne soit transposée d’un bout à l’autre du clavier, renaissant de mille manière, rappelant irrésistiblement le maître de la fugue. Mais comme la liberté d’instrumentation, la liberté de jeu est totale : en « contrepoint », c’est un piano « jazz » qui vient répondre au motif, décomposant le rythme encore différemment, sans briser la pulsation subtile introduite dès le départ, même lorsque des citations de la cantate de Bach, Jesu, Joy of man’s desiring, viennent en reflet, introduire une forme de gravité. Dans ce petit labyrinthe sonore, cette complexité ne fait nullement barrage à l’évidence, on ressent seulement une extrême délicatesse. La « Fire Dance » ici est moins celle que nous danserions autour d’un grand feu de forêt que celle du feu lui-même, de ses flammes les plus hautes où l’orangé brûlant est surmonté d’un halo bleu, qui vacille, fascinant, au moindre mouvement de l’air.